mardi 7 octobre 2008

J+282-284 / Liaison Tikal-Chimaltenango

Après les ruines, nous voulons continuer notre exploration vers un côté plus nature et nous enfoncer dans les grottes de Raxruha qui forment un des dédales les plus grands du monde. Des dizaines de kilomètres de labyrinthe qui forment des rivières souterraines pendant la saison des pluies.
Midi nous attendons le bus collectif pour partir vers Flores, mais soit on nous a mal renseignés, soit nous sommes en retard. De bus il n’y en a pas. Prochain dans deux heures. Nous posons les sacs à l’ombre et nous nous mettons sous l’arbre. Un homme vient à notre rencontre et nous propose un minibus à un prix touristique. Nous le remercions et nous retournons à l’ombre de notre arbre pour nous en griller une. Le temps de la finir que le gars revient et nous propose un prix beaucoup plus raisonnable. Le temps de monter les sacs sur la galerie de la camionnette et nous partons pour Flores, petite ville sympathique située sur une petite presque île. Une heure de route sous une pluie battante, à l’arrivée n’ayant pas d’adresse nous suivons un rabatteur vers un hôtel nous protégeant de la pluie comme nous pouvons. La chambre n’est pas formidable, mais pour une nuit cela ira bien, l’homme en profite pour nous vendre deux billets pour Raxruha pour le lendemain, nous discutons le prix et concluons l’affaire. On part explorer cette minuscule bourgade, il nous faut une bonne demi-heure pour en faire le tour, et en faisant des pauses pour se protéger des averses. Et c’est ce temps qui nous offre l’opportunité de retrouver Kalen et Jason, nos amis anglais rencontrés sur le bateau pour Panama, qui eux aussi ont décidé de se poser pour la nuit à Flores. Chacun prend ses quartiers rendez-vous en début de soirée pour manger ensemble. A la nuit nous les retrouvons et mettons un long moment pour trouver un restaurant, malgré la petitesse de la ville, qui soit à la fois agréable et dans nos prix, car ils sont comme nous et commencent à se rendre compte que la bourse de voyage est loin d’être inépuisable. Résultat une bonne soirée à se raconter nos derniers jours.
Le lendemain sur le palier de l’hôtel nous attendons le minibus qui doit nous chercher pour nous emmener à Raxruha. Une bonne demi-heure d’attente et voilà le mini-bus qui arrive, déjà rempli de touristes. On embarque un petit salut général qui reste sans écho. Bienvenue dans le monde occidental. On se doute déjà qu’on n'a pas payé le prix local pour cette course.
Pendant tout le trajet notre voisine de derrière et son voisin parlerons…à coup de « Oh my god » « Jesus » « You know » il manquait plus que le claquement de chewing-gum pour que je me retourne et leur envoie le seul mot que je connaisse en anglais « Shut up ». Passage de rivière sur un bac, une heure plus tard nous sommes débarqués à une station service où nous attrapons un pick-up qui nous pose à Raxruha. Route défoncée et boueuse, maisons basses, toits de taule, chien agressif. Nous déposons nos affaires dans un hôtel minable, nous allons manger dans une gargote un tout aussi mauvais « pollo-frijoles » accompagné de tortillas à peine meilleures. Nous partons ensuite à la recherche de nos grottes que nous avons du mal à situer entre les indications de notre guide, notre carte et les directives des locaux. Nous mettons un peu de temps pour attraper une voiture qui veut bien nous déposer à l’endroit supposé où nous devrions trouver le site. Dans le coin personne n’est au courant. Nous finissons par rebrousser chemin et marcher en espérant qu’une voiture passe par-là, il faudra une bonne heure avant qu’un pick-up nous arrache de cette piste. Il est 6 heures, la nuit tombe et la pluie aussi, heureusement nous sommes maintenant à l’abri. Une bonne douche pour se débarrasser de cette horrible odeur de sueur qui m’accompagne depuis quelque mois. Nous voilà propres, prêts pour aller « dîner en ville ». Nous faisons un aller-retour sur la grand route, de restaurant nous ne trouverons qu’une gargote grand-format, lumière criarde, pour une fois sans télévision, juste le bruit d’une radio à peine audible. On nous servira une vieille viande avec des haricots servis à la louche, assis sur notre banc, les coudes sur la nappe en plastique nous expédions le repas.
Le lendemain nous bouclons nos sacs, discutons avec le taulier assis devant sa télé dans le couloir, nous lui racontons notre recherche d’hier et il nous dit qu’il y a d’autres grottes, et que nous avons juste à prendre un petit bus et nous faire déposer à hauteur du kilomètre 30. Nous allons prendre notre petit café à la gargote d’hier qui de jour est plus sympathique que de nuit. Le minibus nous dépose au km 30, une petite guérite deux jeunes mayas qui attendent le touriste. Le ticket comprend le guide de moins de 16 ans qui nous accompagne jusqu’à la grotte par un sentier balisé tout en nous posant des questions sur la vie chez nous et sur notre salaire, et surtout sur notre salaire…on lui fait comprendre que le message a été enregistré et qu’il aura droit à son pourliche. Nous longeons un chemin à pied de falaise à l’ombre des arbres et après une bonne demi-heure de transpiration nous arrivons. Le sentier s’enfonce dans un immense trou et en quelques mètres nous nous trouvons dans le frais d’une immense caverne qui nous enveloppe avec 20 mètres de hauteur. Le jeune guide nous explique le rôle de cette grotte dans les rites mayas. Nous ne pourrons pas nous enfoncer beaucoup plus dans la grotte en cette saison des pluies, dommage car le labyrinthe s’étend sur plusieurs kilomètres.
Nous retournons au village, récupérons nos affaires à l’hôtel et prenons un bus pour Coban, où nous devrons faire un changement pour Rabinal où nous devrions passer la nuit avant de reprendre la route pour Chimaltenangoet retrouver Tim et Ita jeune couple que nous avions croisés il y a quelques mois à Zanzibar.
Un peu avant la nuit nous arrivons dans la petite ville de Rabinal. Nous devons attendre une petite heure dans la station de bus que la pluie cesse. Pas une petite pluie, mais quelques chose de biblique qui transforme les rues en rivières en quelques secondes et charrie vers le fleuve tout ce que les gens balancent dans les rues. Des gens avec qui nous avons fait connaissance pendant le trajet nous indiquent un hôtel. La pluie ne diminuant pas nous nous lançons à sa recherche. Le temps de le trouver nous sommes entièrement trempés. Nous nous séchons et partons à la recherche d’un endroit pour manger. A Rabinal pas de touriste, donc pas de restaurant pour les étrangers, d’ailleurs nous ne trouvons qu’une seule place pour manger. S’il n’y avait pas eu les bonnes frites que nous avons trouvées sur un des étales du marché dans l’espoir vain de trouver un restaurant nous aurions été bien embarrassés tant la bouffe que nous finissons par trouver est mauvaise. Le lendemain nous nous promenons rapidement au marché, c’est d’ailleurs un jour particulier dévoué à un saint quelconque. Résultat procession devant l’église, chant, musique et danse. Aux quatre coins de la place il y a des musiciens qui jouent du xylophone à l’abris de la pluie éventuelle. Devant eux les gens viennent déposer des fleurs.
Nous ne traînons pas trop car nous avons un bus à prendre et même s’il n’y a que 100 kilomètres jusqu’à Chimaltenango, dans cette région montagneuse et la piste que nous allons devoir emprunter, nous jouons la carte de la prudence. Malgré cela, nous manquons de quelques minutes le bus, prochain demain. Nous nous posons à la sortie du village et tapons le stop. Une voiture toutes les dix minutes. Une bonne demi-heure et un pick-up nous arrache de Rabinal. Mais il ne nous dépose pas bien loin, à peine une dizaine de kilomètres. Ici nous restons une bonne heure, assis sur notre caillou en espérant qu’au moins une voiture passera avant que la pluie ne se mette à tomber. La deuxième sera la bonne. Encore un saut de puce. Après trois heures de stop, nous avons à peine avancé de 30 bornes. Nous resterons coincés dans un autre village deux bonnes heures à jouer aux billes avec des gamins histoire de faire venir les voitures. Nous rejoignons enfin l’asphalte et une ville de taille respectable, grâce à un papy et son vieux 4x4. De là nous trouvons bus, pick-up et encore un autre bus et vers 20 heures nous arrivons enfin à Chimaltenango. Il pleut, la nuit est tombée, la ville n’a rien de romantique. Nous trouvons une cabine téléphonique, et appelons Tim et Ita pour leur demander des précisions. Ils nous donnent les dernières indications, nous montons dans un Tuc tuc qui enfile les derniers kilomètres sur la Panamérican qui traverse la ville direction les Etats-Unis plus au nord.
Le Tuc tuc s’arrête et nous voyons la tête de Tim qui passe la porte. Nous voilà arrivés après avoir parcouru en 12 heures à peine 100 kilomètres en empruntant 11 véhicules : Pick-up, bus, 4x4, berline et un Tuc tuc pour finir.

dimanche 5 octobre 2008

J+275-281 / Des touristes chez les Mayas

La nuit, les lumières de la civilisation défilent, nous arrivons sur Tegucigalpa. Le car s'immobilise. Érik sera-t-il là ? Nous prenons nos petits sacs et descendons. "Hey guys, what's up?" Ca fait toujours plaisir d'être accueillis à la sortie d'un bus, cela fit bien longtemps que cela ne nous est pas arrivé. Nous sautons dans un taxi direction son hôtel. Ce n'est pas le plus chic, ni le plus moche. Nous ne restons qu’une nuit alors cela fera parfaitement l'affaire. Pas une échoppe d'ouverte, nous nous rabattons dans une station service pour manger. Au menu, des hamburgers des plus basiques, soda à volonté. Pas de doute on se rapproche des Etats-Unis. Pendant que nous dégustons, dehors des gars font vrombir leurs customs, polishent leur carrosserie et se la racontent accoudés à leur caisse avec la portière-papillon ouverte. Pas à dire une belle brochette de kékés. Chacun rejoint ses pénates.
Un café dans le hall de l'hôtel. Nous récupérons nos bagages et partons pour le terminal de bus où nous devons trouver un bus pour une ville au nord de Copan, de là nous devrons pouvoir trouver un bus pour cette petite bourgade où se trouvent les ruines de la cité maya. Erik a décidé de nous accompagner. En arrivant dans le quartier, nous comprenons immédiatement que nous n'allons pas voyager en première classe. Départ dans une demi-heure, juste le temps d'enfiler un bon petit-déjeuner pour nous faire patienter avant le départ. La route va être longue, un bon 6 heures. Rien à signaler, jusqu'à un arrêt dans une grande station où Laetitia a faillit manquer le bus, avec Érik à sa recherche et moi en train d'essayer d'expliquer au chauffeur qu'elle allait revenir... Tout cela ne nous empêche pas d'arriver en temps et en heure dans la petite bourgade de Copan. Un endroit tout à fait charmant, rues pavées, petites maisons au ton très colonial. Des hommes en Santiags et chapeau texan, et ceux qui stationnent devant les banques donnent une ambiance de western moderne avec leurs fusils à pompe. Nous trouvons un hôtel charmant, nous nous installons tous les trois dans la même chambre restriction budgétaire oblige. A la nuit tombée nous partons traîner nos semelles dans la ville, achetons des cigares et quelques bouteilles. Nous nous installons sur la place pour regarder un concert de musique religieuse en faisant des ronds de fumées.
Le lendemain nous reprenons notre cape de supertouristes et nous prenons un tuctuc direction les ruines de Copan, une des cités les plus tardives de l'ère maya. Un site agréable, boisé, de magnifiques stèles, des temples et peu de monde. Bref tout ce que l'on peut attendre d'un tel endroit. Nous apprenons en sortant qu'il y a d'autres ruines à visiter un peu plus loin qui sont elles constituées de nombreuses habitations. Dès le lendemain on récidive en Tuc tuc. En passant devant le site principal nous voyons un attroupement de personnes avec des banderoles, pas de doute c'est une manifestation qui n'a rien de culturelle. Le chauffeur nous le confirme, ce sont les paysans du coin qui manifestent sans doute pour réclamer de l'argent, apparemment les intérêts de notre chauffeur ne sont pas les mêmes que ceux des paysans. Nous quittons ce vilain personnage! Et nous partons visiter le site. Rapidement nous nous faisons aborder par un guide, cette fois nous acceptons. Magnifique parcours dans la forêt déserte de touristes, sans doute effrayés par les manifestants en amont. Retour en stop à l'arrière d'un pick-up, quel bonheur d'être debout les cheveux dans le vent...
Retour au village pour parler de la suite des évènements. Érik ne sait toujours pas si il va directement à Belize rejoindre sa tante avant de repartir pour Seattle. Devant autant d'indécision je sors un cigare et une bière et le convint de continuer la route pour Tikal, autre cité majeure de l'empire maya avec nous au moins jusqu'au point le plus proche de Belize. Et nous voilà le lendemain équipés et suants à discuter avec un rabatteur de minibus, qui au passage nous annonce un prix plus du double de celui que nous connaissons. Nous utilisons la technique habituelle de celui qui est prêt à ne pas prendre ce bus et attendre le prochain, immédiatement le prix rejoint le cours local. Une heure plus tard nous sommes à la frontière avec guatémaltèque. Le soleil fait place à une grosse averse, mais nous avons le temps de nous embarquer dans un autre minibus pour encore une heure de trajet. Nous arrivons dans une ville de taille moyenne, sale, polluée, avec des rabatteurs qui nous sautent dessus à peine sortis du bus... Et on enchaîne avec un autre bus direction une ville plus au nord. Le compteur tourne et la nuit arrive. Nous descendons en périphérie de la ville, traversons la voie pour nous rendre à l'officine pour nous renseigner sur les bus qui vont à Tikal. Il y en a. Mais le gars veut nous faire raquer la totalité du trajet depuis le point de départ du bus. Et ce bus passe ici vers 23 heures. Décor : quelques baraquements, une station service et le monsieur qui annonce qu'à partir de 21 heures le secteur est malfamé. Deux choix, dormir dans ce trou pourri et attendre le lendemain pour voyager ou bien prendre le bus. On est fatigués, affamés, incapables de prendre une décision, les nerfs lâchent, on s'engueule. La personne de l'office a une solution. On prend un bus pour un peu plus loin, compris dans le forfait, et on pourra, dans cet endroit mieux famé, attendre le bus qui devra nous emmener jusqu'à notre destination finale. Tout se passe comme prévu, au bout de deux heures le bus nous lâche tous les trois dans une immense station-service. Il est 20 heures. Erik espère pouvoir prendre ici un bus pour une ville plus au nord où il devrait choper un bateau pour Belize. En regardant la carte et le trajet du bus que nous devons prendre nous comprenons que son intérêt est de prendre le même que nous. D’autant plus que le bus qu'il comptait prendre ne s'est pas arrêté. Il serait donc condamné à dormir à la belle étoile dans la station. Le bus arrive, nous nous installons à nos places réservées, Érik n'a pas cette chance il est sur un tabouret dans l'allée. La nuit passe comme elle peut. Pas de climatisation, arrêts fréquents... A l'aube nous faisons nos adieux à Érik et descendons au croisement d'une route. Il est 6 heures du matin, nous y sommes presque. La ligne est droite, la fatigue grande, les sacs pesants, mais il y a encore un peu de fraîcheur de la nuit et les oiseaux chantent. Nous arrivons enfin au village et cherchons une place pour se prendre un café et finissons dans une cabane qui fait musée, bar, atelier le tout recouvert d'une bonne couche de poussière. Le gars nous sert un café avec une forte odeur de mais, une omelette avec les deux oeufs qu’il lui reste. Et le voilà qui pousse la chansonnette, tout en nous montrant son petit-musée... il réussit même à montrer des boucles d'oreille à Laetitia pour qu’elle les lui achète. Elles sont pas mal, le problème c'est qu'il n'a qu'une. Pas grave, il ramène ses perles, démonte d'autres bijoux, tout en nous lançant de temps en temps un regard dur qui se change immédiatement en un grand rire fraternel qui se finit en délire poétique... Bref nous ne savons pas si nous sommes très fatigués ou bien si nous sommes encore dans le bus en train de rêver cette scène digne d'un demi-sommeil entre rêve et réalité. Nous abandonnons difficilement cet étrange personnage à sa folie et nous prenons un bus pour l'entrée du parc qui abrite les ruines de Tikal. Comme pour saluer notre arriver la pluie vient nous laver de notre fatigue à grandes eaux. Nous nous rendons dans les trois hôtels pour évaluer leurs offres... pas si facile avec les torrents qui se forment dans les chemins. Mais nous finissons par en trouver un tout à fait à notre goût. Ici nous sommes bien loin des hôtels bons marchés que nous fréquentons habituellement : lampe de chevet, matelas épais, jolie vue sur le jardin tropical où les colibris viennent butiner des fleurs. Que c'est bon un peu de luxe, pas trop car nous devons tous de même sortir de la chambre pour aller nous laver dans la salle de bain commune... dans le luxe on a pris le moins cher. Dès le soir on prolonge notre séjour luxe par un dîner au restaurant de l'hôtel au prix très européen... on ajoute même à tout cela du vin, nous devons prendre des forces car demain matin nous prévoyons de nous rendre dès l'aube sur le site pour avoir l'agréable lumière de l'aube, le chant des oiseaux, peut-être voir un toucan que Laetitia cherche dans chaque forêt que nous traversons depuis que nous avons aborde la zone équatoriale et une température agréable.
Le chant du coq, nous sort du sommeil. Une bonne douche et nous voilà à la guérite où nous prenons nos billets. Tout serait parfait si les moustiques n'avaient pas décidé de venir aussi se joindre à nous. Mais après l'amazonie, nous avons presque appris à contrôler notre agacement face à cet horrible insecte. Heureusement que la vue du premier temple qui se découvre à travers l'épaisse végétation nous fait oublier ces petites choses et nous voilà sous le charme antique des cites mayas. Le site étant dispersé nous marchons dans la jungle pour rejoindre les différents regroupements, toujours à l'affût du toucan et de son cri de grenouille. Mais il ne veut pas se montrer. Apres trois bonnes heures et avoir découvert le groupe principal constitué de deux pyramides qui se font face, et quelques bâtiments d'habitations, nous retournons prendre un copieux petit déjeuner à l'hôtel avant de repartir explorer le reste du site. Et nous finirons par le voir notre toucan en plein vol, à peine quelques secondes pour admirer sa silhouette noire et son grand bec jaune et le voir disparaître dans les futaies arborescentes. Il est onze heures, nous sommes heureux et nous promenons joyeusement, contents d'avoir vu notre toucan. Nous grimpons au sommet des pyramides, pique-niquons sous les arbres pendant que les singes passent de branches en branches. Une journée bien agréable au cœur de l'histoire maya. Tikal fut la cité maya la plus influente de la période classique, elle le doit à la chute de la cité El Mirador qui domina pendant la première période et à l'éviction de sa rivale plus au nord. Lui succédera la star internationale du tourisme culturel mexicain, la très reconnue Chichen Itza. Il est 18 heures, le soleil se couche et laisse sa place à une pluie torrentielle. Il est donc temps de déserter le site comme la plupart des touristes et nous en retourner dans notre petite chambre à l'abri des intempéries et des moustiques.
Adieu Tikal, nous continuons notre route à l'ouest vers la charmante petite ville de Flores.

vendredi 3 octobre 2008

J+271-274 / Granada, little Italy

Des taxis sont là à l'arrivée du bateau pour attendre le client. Nous négocions le prix et montons pour nous faire déposer à l'endroit où nous pourrons prendre le bus pour Granada. Sur place on nous dit que le bus est déjà passé et on nous conseille de prendre celui qui se prépare à partir et ensuite un autre pour Granada. Le chauffeur n'a visiblement pas l'intention de nous attendre et le temps de décharger nos sacs du coffre du taxi, il commence à démarrer, nous sommes obligés de courir et de monter en route par l'arrière. Comme souvent en Amérique Centrale c'est un grand bus jaune Blue Bird. A croire que tous les vieux bus américains et canadiens ont échoués là. Nous nous installons, le gars chargé de faire payer essaye comme cela arrive souvent, de nous extorquer bien plus que le prix normal, des vendeurs de tout un tas de choses à manger montent par l'avant et redescendent par l'arrière à chaque arrêt, un trajet normal de bus quoi ! On nous dépose à un croisement où nous attendons le bus suivant pour Granada qui ne tarde pas à arriver.
Granada, ville coloniale, probablement la plus belle du Nicaragua nous accueille en fin de journée avec une lumière magnifique sur ses bâtiments ocre. Nous nous mettons tout de suite à la recherche de l'hôtel Roxane, le fameux hôtel tenu par un italien et sa femme dont nous ont parlé les allemands sur l'Isla Ometepe. Roxane et Giovanni sont là et ils ont des chambres de libres, sans les souris ! Roxane nous annonce un montant plus élevé que celui qu'avaient eu les allemands et à nos têtes elle descend d'elle-même le prix. Finalement nous prendrons une chambre pour nous trois, elle donne sur une petite cour où jouent leurs enfants. Bonne ambiance, internet gratuit et apparemment Giovanni est un cuistot hors pair, pour les pasta en tout cas. L'endroit parfait pour trois ou quatre jours tranquilles dans cette ville qui n'est pas trop grande et dans laquelle il y a pas mal de choses à visiter. Pour commencer nous commandons à Giovanni de bonnes bières fraîches et des pâtes au gorgonzola. J'essaye de parler un peu italien avec Giovanni mais c'est l'espagnol qui me vient et comme lui parle un savant mélange des deux langues c'est assez incompréhensible pour les autres. J'apprends qu'il est installé au Nicaragua depuis huit ans, il était venu passer des vacances et il n'est jamais reparti. Les pâtes arrivent accompagnées d'une douce odeur de gorgonzola. Elles sont délicieuses ! Ça faisait tellement longtemps que nous n'avions pas mangé quelque chose de si bon que nous les dégustons une à une en nous assurant qu'elles sont bien recouvertes de cette sauce parfaite et nous en redemandons ! Il n'en reste que pour un plat mais nous le commandons quand même et nous le partageons. Nous avons fini le stock de gorgonzola mais je suis sûre que Giovanni en a un perso planqué quelque part. Nous parlons bien sûr de la coupe d'Europe de foot et du match Fance-Italie qui aura lieu le lendemain. Nous nous donnons rendez-vous à deux heures pour regarder le match ensemble.
Après une chaude nuit nous allons voir à quoi ressemble cette ville. La chaleur est écrasante et nous avons du mal à trouver un endroit pour prendre un petit-déjeuner mais la ville à l'air agréable. Nous commençons par un musée d'anthropologie, pas exceptionnel mais qui nous donne un aperçu de ce que nous pourrons voir sur les sites mayas que nous allons voir bientôt et au moins il y fait frais. L'heure du match de foot approche et nous mangeons un morceau vite fait avant de rejoindre l'hôtel et Giovanni. Quand nous arrivons tout est calme, la télé est éteinte et pas de Giovanni dans les parages. Bizarre. Nous allumons la télé et pas de match. C'est quoi cette histoire. Là dessus Giovanni arrive et nous demande pourquoi on n'est pas venus voir le match avec lui ! Comment ça ? Il commence dans 10 minutes le match ! "Ben non, il est fini et en plus la France a perdu." nous répond-il. Et là je comprends tout. Quand on lui a demandé à quelle heure il commençait il nous a dit "a las doce" et nous on a compris "a las dos". Le match était à midi et pas à deux heures et le pire c'est que ce n'est pas la première fois que ça nous arrive, verbalement la différence est subtile et on s'est fait avoir. En même temps si c'était pour voir les français prendre une rouste et se faire vanner ce n'est pas bien grave. Du coup on décide d'aller faire une sieste, comme les locaux, les rues sont vides à cette heure-ci, trop chaud. En plus Erik ne se sent pas très bien côté estomac. Sûrement un truc qu'il a mangé, le problème c'est qu'on a tous les trois mangé la même chose alors Stan et moi on croise les doigts. Le soir nous testons un autre plat de Giovanni qui décidément est un bon cuisinier et ça nous fait plaisir de manger un plat différent du sempiternel poulet, riz sans sauce et bananes frites et surtout un plat qui a du goût. Nous passons la soirée à discuter avec Giovanni, moitié en espagnol, moitié en italien tout en buvant des bières, enfin surtout Giovanni. Le lendemain matin c'est à mon tour d'avoir des problèmes d'estomac et Erik ne va pas mieux du tout, par contre, Stan est en pleine forme. Nous faisons l'inventaire de ce que nous avons mangé la veille et la seule chose qu'Erik et moi avons dégustée et pas Stan c'est une glace, sûrement bourrée de vilaines bactéries. Et voila comment la gourmandise vous punie. Stan se retrouve avec deux boulets qui n'ont rien envie de manger et qui ne peuvent pas s'éloigner des toilettes de plus de 100 mètres ! La journée sera donc placée sous le signe du "farniente", et le fabuleux projet de prendre le bateau pour visiter un chapelet d'îles non loin sombre dans les eaux du lac Nicaragua. Nous avons tout de même la force de nous traîner jusqu'au bureau de bus pour nous renseigner sur le bus à prendre pour nous rendre jusqu'à Copàn au Honduras où il y a des ruines mayas. Pas de bus direct, nous devrons passer la nuit à Tegucigalpal la capitale du Honduras. Erik décide de partir le lendemain. Avec Stan nous préférons rester une journée de plus et dans le cas où ma santé s'améliorerait nous pourrions nous rendre sur les îles. Avant de nous en retourner dans le centre ville, nous visitons une ruine des temps modernes et un futur site archéologique et touristique pour les générations futures : u hôpital abandonné depuis une dizaine d'années.
Pour notre dernier soir ensemble, Erik nous offre le repas dans une bonne pizzeria de la ville. Granada est comme une petite Italie et elle ne manque donc pas d'endroits pour bien manger. Nous voilà en terrasse à prendre du bon temps, inévitablement des vendeurs de bric et de broc passent pour vendre souvenirs et petites choses pour grignoter à l'apéro. Et nous optons pour les choses à manger. Le petit gamin qui les vend a un tel talent pour mettre en valeur les petits gâteaux que sans aucun doute sa maman prépare, que nous lui en achetons bien que notre pizza soit sur le point d’être servies. Les pizzas arrivent, nous continuons de discuter tout en buvant... Evidemment nous refaisons le monde parlons des problèmes d'écologie d'ordre mondial, du gaspillage énergétique ce qui amène Erik à nous parler de son projet de maison énergétiquement autonome. Très intéressant mais ce serait un peu long et fastidieux de vous le décrire. C'est à ce moment que deux poufs américaines que nous avions croisées sur Isla Ometepe se pointent et s'imposent à notre table, la conversation vire de bord vers un ennui mortel, heureusement à force de silences elles finissent par comprendre que leurs places est ailleurs. En plus, contrairement à Erik qui fait un effort pour ne pas parler trop vite dans sa langue natale pour que nous le comprenions, elles ne font aucun effort et seul Erik arrive a décrypter ce qu’elles disent. La conversation reprend son cours comme si elles n'avaient jamais existée et c'est beaucoup mieux.
Le lendemain matin Erik nous fait ses adieux en nous disant que si il changeait d'avis il nous attendrait à la sortir du bus à Tegucigalpa quand nous arriverons demain. N'étant toujours pas rétablie, nous faisons une journée tranquille. Giovanni voyant ma faiblesse, me prépare un Rizotto des plus fameux pour me remettre l'estomac en place. Dans l'après-midi nous passons par la case coiffeur où Stan tente d'expliquer au coiffeur qu'il voudrait une coupe Psyko avec dessin à l'appui. Le résultat n'est pas si mal. Il aura même droit à un rasage triple passage avec arrosage à l'eau de Cologne et un massage de tête pour apaiser le tout. Le soir Giovanni nous a proposé de venir manger chez lui car sa femme organise une soirée danse du ventre. Nous n’avons rien d’autre de prévu alors on y va et heureusement car nous sommes les seuls spectateurs. C’est notre dernière nuit à Granada et au Nicaragua , demain direction le Honduras.