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3 septembre 2008

J+267-271 / L'ami americain

Nous entrons dans le hall du terminal de bus, regard d'ensemble, mon oeil s'arrête sur une silhouette connue. Éric, l'américain de Seattle assis attendant sagement le départ du bus. Il n'a pas changé, si ce n' est qu'il a perdu un peu de ses coups de soleil et retrouvé son teint d'aspirine. Comme nous il part pour le Nicaragua, il ne sait pas exactement ou et après discussion dans le bus, il est bien tenté lui aussi par un passage par Isla Ometepe et son lac qui est le plus grand Amérique centrale. Un passage de frontière plus loin, nous descendons dans une ville faisant face à l'île et ses deux majestueux volcans. Avant de nous embarquer nous essayons de prendre des nouvelles de Slava, savoir si il a bien embarqué pour son vol direction La Havane, car Éric qui a payé son ticket via sa carte bleue s'est vu retourner l'argent du vol et il est sans nouvelles de lui. Malheureusement la compagnie aérienne ne veut pas lui confirmer sa présence sur le vol par clause de confidentialité. Espérons qu'il ne se soit pas fait enlever par la police qui lui a proposé de le déposer à l'aéroport. Nous ne sommes pas bien sûr que les policiers dans ce pays soient de toute confiance.
Arrivés sur la jetée nous trouvons tout de suite un bateau qui fait la liaison quotidienne avec l'île. Un bateau mi-cargo, mi-ferry, mi-rafiot. Nous nous installons sur le pont supérieur pour admirer l'île couronnée de ses deux majestueux volcans, Concepcion et Madura. Après quelques minutes de navigation l'ambiance change, les vagues se forment, se creusent et nous plongeons et remontons en cadence. Le bateau gîte de droite et de gauche ; régulièrement les vagues arrosent le pont, on se croiraient en pleine mer. Nous subissons une bonne heure de ce traitement. Un peu avant d'arriver à
Le lendemain nous projetons de nous rendre au Cerco Verde, enclave aquatique proche de la berge. Pour cela nous nous rendons au village pour louer des vélos. Éric en profite pour essayer de retirer de l'argent, mais faute de passeport il est refoulé après plus d'une heure d'attente, c'est donc Laetitia qui s'y rend pour lui. Je profite de ce temps pour regarder la France jouer contre la Hollande, mais nous devons partir à la mi-temps alors que la France martele le but hollandais sans jamais trouver la faille. Deux bonnes heures de bicyclette, nous nous arrêtons de temps en temps pour nous reposer et regarder l'évolution du match sur les télés de ceux qui le suivent ... cela se finit par un score absolument scandaleux, sans doute du à un nombre incroyable de fautes d'arbitrages en faveur de la Hollande !!! Une bonne bière en arrivant pour nous remettre de ces deux petites heures de bicyclette et nous allons nous promener autour du petit étang, chercher quelques cailloux sur la plage de sable noir et se frayer un chemin dans une mangrove bien marécageuse.
A la nuit, nous sommes de retour à la maison, la famille s'est un peu inquiétée de notre retard. En arrivant au village nous avons dû chercher une voiture pour nous emmener le soir jusqu'à l'autre bout de l'île dans une ferme où nous devrions trouver du café, au pied du plus petit des deux volcans. Nous récupérons nos sacs, faisons nos adieux à cette famille d'une nuit ; à peine avons nous roulé quelques dizaines de mètres que la voiture tombe en rade de façon définitive. Merde. Le chauffeur nous dit de pas nous inquiéter, son fils va venir nous chercher pour nous emmener en 4x4, pour patienter nous ouvrons des bières chaudes. Le fils arrive et nous nous remettons en route, il nous faut une bonne heure et demie de route pour parcourir la distance qui n'est pas grande, mais la majeure partie se fait sur de la piste caillouteuse et boueuse. Vers 21 heures nous arrivons à la Finca Magdalena. Éric souhaiterait dormir à la fraîche dans un hamac, mais il fait vraiment frais alors il prend comme nous une petite chambre. Le restaurant étant encore ouvert nous en profitons pour remplir nos estomacs et partons nous coucher, car demain il va nous falloir être en forme pour gravir le volcan jusqu'à son sommet, même si c'est le plus petite des deux et que ses flancs sont ombragés.
Chacun se réveille à son rythme, et vers 10 heures nous partons en prenant soin d'esquiver le guide que le personnel de l'hôtel a essayé de nous mettre en les pattes. Rapidement nous nous rendrons compte de l'inutilité de celui-ci : le chemin est tout droit jusqu'au sommet. En chemin nous découvrons des plantations de cacao, une pépinière de caféiers mais aussi des pétroglyphes datant des premiers temps de l'occupation de l'île. Cette première partie a tout d'une promenade. Jusqu'au moment où nous croisons un groupe qui en redescend les chaussures et les pantalons couverts de boue et qui annonce l'air bien fatigué que nous avons franchit le premier tiers. Petit à petit nous comprenons, les pierres sont de plus en plus glissantes, de plus en plus de boue, la côte se raidit et la végétation se densifie. Les pauses se font de plus en plus fréquentes et nous n'avons même plus les poumons pour nous fumer une petite tige, qui serait d'ailleurs instantanément éteinte tant nous suons sang et eau. La végétation change, les arbres se tordent, les branches s'entremêlent, les mousses, les orchidées et autres plantes parasites viennent y trouver refuge. Nous continuons péniblement notre chemin surveillés de loin par les singes. Dans le lointain les cris des singes hurleurs qui font échos sur les parois du volcan. Vers 14 heures nous arrivons au sommet, nous redescendons et quelques minutes plus tard nous découvrons un petit lac qui s'est fait sa place au creux du cratère. Nous prenons le temps d'admirer le lieu, de nous baigner, de déjeuner et redescendons avec précaution tant il y a de boue et de pierres glissantes. Presque arrivés à la ferme, nous nous posons pour admirer les singes hurleurs qui tiennent conseil au sommet, sur la canopée !
Dès le lendemain nous récidivons pour une promenade qui parait plus facile. Nous prenons la direction d'une cascade qu'on nous a indiqué. Nous manquerons de nous perdre plusieurs fois en chemin, si nous n'avions pas trouvé l'aide de fermiers qui bossaient par là. Pour accéder à la cascade, le chemin sera lui aussi bien pentu, pas autant que la veille, mais avec la fatigue il en parait tout autant. Petite déception en arrivant à la cascade, elle est petite et encombrée de tuyaux et de ciment posés par les gens pour en récupérer l'eau afin d'irriguer leurs champs et sans doute leurs maisons. De retour nous admirons de nombreux pétroglyphes disséminés dans la forêt. Bien fatigués nous nous installons sur la terrase pour admirer le soleil se coucher derrière le volcan en buvant une bonne bière.
Notre séjour sur l'île, qui concourt pour l'une des sept merveilles naturelles du monde, s'achève. Avant de quitter la ferme je discute avec l'un des fermiers qui m'explique la façon dont il traite le café dans cette ferme. A l'ancienne et sans pesticide. Récolte à la main, dépulpage dans de vieilles machines et séchage au soleil pendant plusieurs semaines, contrairement à certaines régions ou cela se fait en quelques jours. Ici il pleut beaucoup. Voila la recette d'un café organique et selon leur dire le meilleur du monde. Sans hésiter nous achetons une livre de café vert.
A pied et sous le soleil nous gagnons l'arrêt de bus dans le village en contrebas, patientons avec quelques autres touristes que le bus arrive. Nous montons a bord de l'épave qui ne dépasse pas les 15 kilomètres heures, mais qui jamais ne s'arrête. Après deux heures de trajet nous voilà dans le nord de l'île, nous déjeunons et nous nous installons dans le rafiot pour regagner la côte.

25 août 2008

J+264-267 / Les caféiers au pied du volcan

La destination finale de notre bus est San José au Costa Rica, nous avons donc demandé au chauffeur de nous déposer en chemin, à l'embranchement de la route de Boquete. Pas de problème. Vers 5h du matin nous sommes réveillés par le collègue du chauffeur qui nous annonce qu'ils ont oublié de nous déposer. Génial. Ils nous débarquent sur le bord de la route en nous disant de traverser et d'attendre un bus. Nous nous demandons si nous ne sommes pas déjà à la frontière avec le Costa Rica parce qu'il y a ce qui semble être un poste frontière. D'ailleurs un homme qui semblerait être un douanier nous demande nos papiers. Un bus arrive et nous nous dépêchons de passer de l'autre coté de la route pour l'arrêter. Il fait encore nuit et les passagers sont des gens qui vont travailler. Nous apprenons que le premier bus pour Boquete est à 6h30 alors nous décidons d'aller jusqu'au terminus à David, ce sera mieux que de l'attendre dans le noir sur le bord de la route, et pour peu qu'il se mette à pleuvoir en plus. Nous mettrons plus d'une heure pour rejoindre David ce qui confirme notre doute par rapport à la frontière. Nous n'aurons pas longtemps à attendre, un grand bus jaune américain Blue Bird est sur le départ pour Boquete. Le temps qu'il se remplisse et c'est parti. Encore une heure de route et nous voici à Boquete, le village au pied du volcan, du sommet duquel, d'ailleurs il est possible de voir par temps clair d'un côté l'océan Pacifique et de l'autre la mer des Caraïbes. Il nous faut trouver un hôtel et le guide en indique un sympa dans le bas du village à côté du fleuve. Nous en prenons le chemin quand nous sommes interpellés par une dame qui nous dit qu'elle a des chambres dispo dans son hôtel, ça tombe bien c'est justement celui que nous cherchions. Elle était en route pour prendre le bus pour David et nous dit que les clés de la boutique sont cachées dans le pot de fleur et de nous installer. En fait ça ressemble plutôt à une petite maison avec un petit salon et une cuisine et deux chambres équipées de salles de bains. Nous en choisissons une et posons enfin nos gros sacs. Effectivement le fleuve coule juste devant et il y a un mini jardin pour pouvoir en profiter. Une petite douche et nous nous préparons rapido un petit café parce que ça va être l'heure de retrouver Kalin et Jason. Ils sont comme prévu devant leur hôtel à nous attendre, nous avons tout juste le temps de discuter avant que la guide pour le Coffee tour arrive. Elle est hollandaise et comme beaucoup d'étrangers s'est installée dans la région il y a quelques années. Le climat et la beauté du coin attirent de plus en plus de monde, beaucoup d'américains qui viennent passer leur retraite dans ce coin tranquille. Sur la route nous avions vus des panneaux annonçant la construction de nouvelles résidences et tous étaient en anglais, c'est clair que ça ne s'adresse pas aux panaméens. Nous montons dans le 4X4 qui nous emmène dans une plantation de café. La guide nous explique qu'avec son mari ils ont eux aussi une plantation mais qu'elle emmène ses clients dans celle de son ami parce qu'elle est plus grande et surtout elle dispose de toutes les machines qui permettent d'expliquer le processus. Arrivés sur place nous attendons trois américains qui vont suivre la visite avec nous. Cela durera trois heures et malgré le fait que ce ne soit pas notre premier Coffee Tour nous avons appris beaucoup de choses, les processus n'étant pas tout a fait les mêmes dans tous les pays. Le propriétaire a conservé toutes les machines de son grand-père qui avait commencé l'exploitation et qu'utilisait à l'époque et qui fonctionnent encore. Elles sont à leur emplacement d'origine dans une petite maison en bois et c'est intéressant de voir de quelle manière cela a évolué. Nous terminons par une dégustation de cafés ayant subit différents types de torréfaction, légère, moyenne et obscure ou française! Vient ensuite la partie « et maintenant vous allez bien m'acheter un ou deux paquets de café ? ». Comme nous ne sommes intéressés que par le café vert qui se conserve mieux et qu'ils n'en n'ont pas ce ne sera pas pour nous. Par contre nous faisons l'acquisition d'un grand sac à café pour tenir compagnie à celui que nous avons ramené du Brésil.
Nous revenons au village et passons l'après-midi ensemble à nous balader, notamment dans un jardin privé ouvert au public, à boire un bon café en terrasse (où il est interdit de fumer) et nous trouverons notre café vert dans une usine de torréfaction en chemin. Nous dînons ensemble et nous disons de nouveau au revoir, Kalin et Jason partent demain matin pour Bocas del Toro sur la côte nord et nous restons une journée de plus pour explorer la région.
Le lendemain nous passons au marché acheter quelques fruits et légumes et nous partons sur les chemins. Nous suivons d'abord la route goudronnée et dès qu'un petit chemin se présente nous l'empruntons. Nous longeons une jolie rivière pendant un bon moment, nous nous arrêtons sous un arbre pour pique-niquer et arrivons ensuite dans une forêt bien dense sur une colline. Les paysages et les lumières sont magnifiques et ça nous fait du bien de nous retrouver dans la nature après ces quelques jours à Panama Ciudad.
Le lendemain nous repartons déjà. Nous nous levons à l'aube pour prendre un bus pour David et de là nous savons qu'il y a des départs pour San José, la capitale du Costa Rica. Ca va nous prendre plusieurs heures de voyage, avec un passage de frontière et une arrivée en fin de journée. Nous arrivons effectivement vers 19h à San José et nous devons changer de terminal. En fait il n'y a pas de terminal regroupant toutes les compagnies mais des petits terminaux privés pour chaque compagnie, évidemment ils sont disséminés dans la ville. Nous comptions enchaîner avec un bus pour le Nicaragua puisque nous n'avons pas l'intention de rester au Costa Rica mais il n'y a pas de bus de nuit, le prochain est le lendemain matin à 8h. Nous achetons notre billet que nous payons pour la totalité du trajet alors que nous nous arrêtons bien avant, dans une petite ville près du lac Nicaragua d'où nous pourrons prendre un bateau pour l'Isla Ometepe, notre prochaine destination. Nous nous mettons à la recherche d'un hôtel dans le quartier et atterrissons à "l'Hotel Petit", un établissement dont l'ancien proprio était français. Nous constatons tout de suite que le niveau de vie ici est encore plus cher qu'au Panama. Le prix de la chambre est proche de ceux qu'on trouve en Europe. Le quartier ne regorge pas d'hôtels, il est tard alors on négocie un peu le prix et on s'installe. On sort dîner et on rentre rapidement se coucher, on est KO et on se dit que finalement ce n'est pas plus mal qu'on ne voyage pas cette nuit. Demain on doit se lever tôt pour prendre notre petit déjeuner avant d'aller au terminal qui demande d'arriver une heure avant le départ du bus ! Pire que pour prendre l'avion.

5 juillet 2008

J+233-234 / Interlude : nuit blanche pour un café noir

Après trois heures de bus dans la cordillère colombienne avec un chauffeur pied dedans, dépassant voitures, camions et tout autre obstacle entravant sa route. Sains et saufs, nous arrivons à Ibague. Rendez-vous avec Rafael même heure, même endroit au kiosque à café du terminal de bus. Il nous rejoint, franche embrassade. Quelques minutes plus tard nous sommes dans son appartement où nous voyons trôner sur la table du salon une machine aux chromes rutilants. Fièrement Rafael nous explique qu'il vient de ramener cette machine à torréfier le café de Minneapolis et qu'il n'a pas encore eu le temps de l'essayer. Nous posons nos affaires et nous partons pour un restaurant 100 "% Carne. Chacun raconte ce qu'il a vécu ces dix derniers jours. Ana-Lucia le mariage de ses amis avec qui nous avions été au concert, Rafael son voyage à Minneapolis et nous notre kidnapping par les colombiens de Santa-Rosa. De retour à l'appart, je demande à Rafael s'il n'a pas envie de tester son nouveau jouet ; petit sourire. Il prend le bébé dans ses bras et le transporte sans tarder dans la cuisine. Il sort un bon kilo de café vert de derrière les fagots, feuillette la notice que rapidement nous abandonnons, notre niveau d'anglais mutuel étant trop faible, pour explorer par nous-mêmes les possibilités de la machine. La première torréfaction qui prend une bonne vingtaine de minutes sera une foirade complète, malgré la douce odeur qui se dégageait de la machine le café est brûlé. Rafael prépare une nouvelle dose de café vert pendant que la machine refroidit. Il modifie ensuite quelques courbes de températures et de temps et nous renouvelons l'opération. Cette fois le café sera à peine bruni. Nouvelle dose, cette fois Rafael à l'air plus satisfait du résultat, mais apparemment ce n'est pas suffisant. Il est deux heures du matin et nous nous levons tous demain vers six heures trente. Rafael et Ana-Lucia ont plus de trois heures de route pour rejoindre la famille de madame, quant à nous, nous devons prendre un bus pour Bogotá où nous devons retrouver Olga avant midi. Nouvelle torréfaction, il n'est toujours pas satisfait. Laetitia me remplace un peu auprès de Rafael pendant que je vais me détendre sur internet en jouant au poker. J'ai le temps de jouer une heure et de revenir que Rafael n'est toujours pas content du résultat. Nous restons avec lui jusqu'à 5 heures du mat. Quand enfin il se retourne vers nous et nous annonce qu'il a fini par trouver le bon réglage et qu'il va maintenant pouvoir nous torréfier une sélection des deux meilleurs cafés qu'il a noté la semaine dernière lors d'une catation qui opposait plus de quinze cafés différents. Encore une petite demi heure et nous nous couchons fatigués mais avec la fierté du travail bien fait, surtout Rafael !!! Je vous ai menti un peu dans le titre à propos de la nuit blanche, mais c'était pas loin. Nous dormons à peine une heure et demie et nous voilà à nouveau dans la cuisine pour moudre le café et le mettre en sac. Bien sûr Rafael prépare sa machine à Expresso pour la sanction finale. Verdict, ce café est 100 % pur, 100 % fuerte, 100 % black et nous réveille donc à 300 % et on en a besoin !
Adios y Muchas gracias Rafael y Ana-Lucia, nos vamos à Bogotá.

19 juin 2008

J+217-224 / Incroyables colombiens Episode I

Nous voici avec Rafael, spécialiste du café en Colombie, pays du café 100% Arabica. Nous sommes donc à la meilleure place dans le cadre de notre tour du monde du café. Nous montons à bord du 4x4, le même que celui du père de Laetitia, un autre très bon signe pour ceux qui aiment en voir partout où il est possible d´en voir, je crois que je fais partie de ceux-là, surtout quand les augures sont bonnes !!! Nous sommes contents de nous revoir et Rafael est ravi de nous accueillir dans son pays.
Nous arrivons dans la résidence de Rafael, nous nous présentons au portail, le gardien nous ouvre. On sent que le pays n´est pas sûr. La résidence se compose d´un ensemble de petits immeubles assez modernes. Ana-Lucia -la femme de Rafael- est là et elle aussi est ravie de nous revoir. Le temps de poser nos affaires dans une chambre qu´ils ont préparé pour nous et nous partons dîner dans un centre commercial, pas n´importe lequel : Carrefour. Quand tu pars autour du monde, il faut toujours s´attendre à des expériences nouvelles et inédites. Rafael et Ana-Lucia sont très curieux de notre parcours, nous leur racontons tout en détail. Évidemment la conversation dérive d´elle même vers le café. Rafael est intarissable, nous pouvons lui octroyer le titre de professeur tant sa connaissance est étendue sur le sujet. Il nous parle aussi du programme qu´il nous a préparé. Visite de l´usine dont il est le manager, une trieuse à café ; mais aussi visite d´une ferme qui produit l´un des meilleur café de la région de Tolima, celle du siège local de la "Federacióon Nacional de Cafeteros de Colombia", visite d´un des entrepôts du plus gros exportateur de café de Colombie, d´une entreprise d´engrais naturels spécialisée dans le café... les prochains jours vont être chargés, nous n´aurons pas le temps de nous reposer, mais peu importe. Retour à l´appartement, Rafael nous propose un café, comment refuser ? Il sort sa machine à torréfier, quelques minutes plus tard la douce odeur du café commence à se répandre dans l´appartement. Les grains verts commencent à brunir et à prendre cette belle couleur café. Ensuite il le moud et encore d´autres arômes s´en dégagent. Bonheur et félicité quand il nous sert ce café, le plus frais que nous ayons eu l´occasion de déguster depuis notre visite d´une ferme au pied du Kilimanjaro. Nous nous souhaitons une bonne nuit et allons chacun rejoindre nos chambres. Nous sautons dans un lit deux places au matelas épais, avec des draps ajustés, des oreillers moelleux. Que de bonheur aujourd´hui.
Sept heures Rafael tape à notre porte, il est l´heure de se lever, de prendre une douche, un bon café et de partir visiter son usine à quelques kilomètres de là sur la route de Bogotà. Mais avant de vous parler de cette visite, nous allons causer de celle de la ferme que nous avons fait le lendemain, ce qui facilitera la compréhension du processus. Nous partons de très bonne heure pour une ferme située à deux heures de route d´Ibague, pendant une bonne heure nous suivons la route de Bogotà avant de bifurquer vers les montagnes où pousse le café, en général entre 1000 et 2000 mètres pour l´arabica. Nous commençons à serpenter sur les sublimes routes colombiennes et avant d´arriver à la ferme nous faisons une petite pause pour prendre un petit-déjeuner à la mode colombienne : saucisses, patacones (bananes écrasées et frites). Une dizaine de minutes plus tard nous abordons des chemins boueux et caillouteux que le 4x4 passe sans aucun problème. Nous nous garons et finissons le chemin à pied. Ferme de taille moyenne parmi la multitude de celles qui produisent ce fameux café colombien que vous trouvez régulièrement chez votre épicier préféré. Une femme nous accueille très gentiement et nous commençons la visite. D´abord nous partons sur les coteaux verdoyants où des saisonniers sont en train de récolter à la main de grosses baies rouges sur des branches chargées comme des grappes de raisin. Nous nous dirigeons ensuite vers un bâtiment où sont déchargés les paniers dans une machine qui en ôtera la peau, par la suite les baies passent sur un tapis qui les emmène vers une machine qui va les laver à grandes eaux. La dernière étape, le séchage se fait dans un séchoir qui permet d´assécher les baies très rapidement. Une fois séchées les baie, qui possèdent encore leur coque jaune, sont mise en sac ; les sacs seront acheminés vers des entrepôts de triage comme l´usine de Rafael. Maintenant je peux revenir à la visite du jour, l´usine de Rafael. Je vous épargnerai tous les détails mais je vais tout de même vous décrire l´essentiel du processus. Les camions chargés de sacs de grains arrivent à l´usine, ils sont pesés puis déchargés. Une fois dans l´entrepôt ils sont vidées dans la trieuse, 30 mètres de haut, 20 de large sur une bonne quarantaine de long. C´est à ce moment que les grains sont séparés de leur coque, ensuite ils sont triés pour retirer les mauvais grains. Selon la demande du client, le tri peut être très précis, et pour les clients les plus exigeants, une sélection manuelle peut être faite. En général seuls les meilleurs cafés subissent cette ultime étape, car elle en augmente le prix de façon trés significative. Les grains sont ensuite reconditionnés dans des sacs dont on prélève des échantillons qui sont dégustés par les personnes du laboratoire pour évaluer les différentes propriétés, défauts et qualités des grains et des arômes qui sont notés lors de la catation, procédé similaire à celui du vin. Par la suite les sacs destinés à l´exportation subiront des contrôles des douanes colombiennes et parfois américaines très sévères avant de partir pour les différentes régions du monde. C´est seulement en arrivant dans les pays de destination que les grains seront torréfiés, chaque pays ayant sa méthode, mais aussi pour une raison plus simple c´est qu´une fois torréfié le café perd rapidement de sa saveur et doit être moulu et bu dans les deux mois. L´un des plus grands noms de la torréfaction est la maison Illy à Trieste en Italie, d´ailleurs à notre retour nous avons l´intention d´y faire un petit tour, pour achever notre tour du monde en dégustant le meilleur café du monde.
Dans la journée nous visiterons aussi le siège de la Coopérative locale de café, une institution des plus importantes en Colombie car elle gère environ 50% de la production nationale et aide les cultivateurs par des programmes de scolarisation pour les enfants, aide à la construction des routes dans les zones rurales et caféières, mais intervient aussi dans les programmes de santé... Nous passerons aussi dans une ferme qui produit de l´engrais organique de façon industrielle. Tout cela nous a pris trois grosses journées. Notre connaissance en café est maintenant presque professionnelle !!!
Pour notre avant dernier jour à Ibague, des amis d´Ana-Lucia nous invitent à un concert. Laetitia a vu l`affiche dans la rue et m´avertie que cela risque de ne pas être notre meilleur concert. Nous voilà dans la file d´attente et nous sommes rapidement séparés en deux files, une pour les hommes, l´autre pour les femmes. Celle des femmes est infiniment plus longue que celle des hommes, si j´étais misogyne je dirais que c´est mauvais signe ! Nous entrons dans le chapiteau côté VIP, bizarrement ce sont les places les plus au fond. Tables et chaises ambiance cabaret sous tente. Le tout sur fond de musique Salsa, jusque là tout se passe bien. Nous sommes tous les six attablés à déguster des petits verres en attendant que le concert commence. Nous avons le temps de finir une première bouteille et d´entamer largement la seconde. Nous sommes entré dans la salle vers 20 heures, il est maintenant plus de 22 heures. Ça doit être une sacrée star pour se permettre autant de retard. la salle s´impatiente doucement quand enfin vers 23 heures les lumières s´éteignent ; tonnerre d´applaudissements, plein feu sur la scène et c´est à ce moment là que ça tourne mal pour nous. Un quinquagénaire chilien aux allures de Julio Iglesias commence son répertoire ennuyeux à la plus grande joie du public qui reprend en choeur chacune des paroles d`amour de leur idole. Notre torture durera pas moins de deux heures, d´ailleurs nous ne sommes pas les seuls, Rafael n´a pas l´air très emballé non plus. Nous nous disons qu´il est là parce qu´Ana-Lucia nous a invité et qu´il aurait été de mauvais goût qu´il reste chez lui... A la fin du concert vient le moment temps redouté du "alors qu´avez vous pensé du concert ?". Très diplomatiquement Laetita répondra que ce n´est pas sa tasse de café ! Comme on dit, tout cela partait d´un bon sentiment...
Le lendemain c´est dimanche mais ce n´est pas pour autant que Rafael se repose. Il passe la journée à déguster des cafés pour les noter. Le soir nous préparons un repas pour remercier Rafael, Ana-Lucia et ses amis pour leur invitation. Ils nous offrirons des cadeaux couleur café, et nous passerons une bien meilleure soirée que la veille à discuter café, politique et du futur mariage des amis d´Ana-Lucia qui aura lieu la semaine prochaine. Le lendemain Rafael doit partir pour les États-Unis pour une foire internationale de café, quant à nous nous prendrons la route du sud, direction le Désert del Tatacoa.

30 avril 2008

J+176-179 / 5000 marches pour la cité des nuages

Quand on évoque Cusco on pense bien sûr au Machu Pichu et il était inenvisageable que nous n´y allions pas. Nous n´avons pas eu les moyens de nous offrir le fameux Inca Trail qui relie le Machu Pichu à pied en 4 jours en passant par d´anciens chemins incas en franchissant des cols à 4000 m d´altitude mais nous avons trouvé un autre trek de 4 jours et 3 nuits à un tarif raisonnable (tout est compris, les déplacements, l´hébergement, les repas et surtout l´entrée du Machu Pichu qui n´est pas donnée) et dont le parcours nous intéresse . Après avoir consulté plusieurs agences - toutes ne sont pas sérieuses- nous concluons avec l´une d´elle, départ prévu le lendemain 7 h. Au programme, 60 Km à vélo - heureusement c´est de la descente -, deux jours de marche et enfin une journée au Machu Pichu. Après avoir attendu plus d´une heure que l´on vienne nous chercher nous faisons connaissance avec le groupe de neuf personnes, plusieurs nationalités : deux colombiens, un américain, une hollandaise, une suédoise et quatre français plus le guide qui s´appelle Washington. Après quatre ou cinq heures de route pendant lesquels nous faisons connaissance, nous voici en haut d´un col, après un rapide déjeuner en bord de route, nous enfourchons nos vélos. Maintenant, ce col il va falloir le descendre pour rejoindre la petite ville de Santa Maria. A peine nous commençons à rouler qu´il se met à pleuvoir, et pas qu´un peu, nous avons tout de même réussi à protéger le haut avec nos coupe-vent mais pour le reste nous sommes imbibés ! La descente ne présente pas de difficultés mais l´état des vélos est plus que limite. Le vélo du guide n´a pas de freins, le colombien père une des pédales, une chaîne casse et nous mettons beaucoup plus de temps que prévu parce qu´il faut nous arrêter souvent pour réparer. Nous mettons au moins six heures pour rejoindre le village bien contents de trouver une douche chaude. Le lendemain, après une bonne nuit, nous partons pour une longue journée de marche. Toutes nos affaires n´ont pas eu le temps de sécher pendant la nuit, surtout les chaussures et les chaussettes mais cette fois-ci la pluie s´arrête quand nous partons. Nous empruntons d´anciens chemins incas dont certains étroits et à flan de montagne et nous passons par des endroits magnifiques. La région est superbe et en plus il y a du café ! De petites plantations bordent les chemins et plus nous montons plus il y en a. Mais nous ne sommes pas les seuls que le café intéresse, nous apprenons que Rafael, le colombien, est directeur d´une société de tri de café notamment pour l´exportation ! Il nous parle longuement du café colombien pendant que nous marchons, du coup on a plein d´infos avant même d´y être, en Colombie ! Nous arrivons dans une petite ferme où nous nous arrêtons pour une pause bien méritée. La gérante, la señora Justinia produit du café et nous fait goûter son dernier cru. Il est bon et surtout meilleur que le café instantané que nous bu ce matin et la plupart du temps depuis que nous sommes sur ce continent. Nous lui achetons quelques grains verts c´est à dire non torréfiés pour les ramener et compléter notre collection des cafés du monde. Elle nous explique comment elle travaille et aura avec Rafael une longue discussion, la rencontre de deux univers, le gros exportateur colombien et le petit producteur péruvien. Nous sommes maintenant prêts à repartir, le chemin est encore long jusqu´à Santa Teresa notre prochaine étape. Nous marchons encore une bonne partie de la journée mais les chemins ne montent pas trop, nous suivons la cadence et plutôt bien même. Après plusieurs semaines à plus de 3500 mètres d´altitude sur l`Altiplano bolivien et péruvien, maintenant que nous sommes à moins de 2500 métres, nous marchons tranquille, comme sur du plat même en côte ! A cette altitude la température est bien plus élevée, il fait même chaud et après le froid de l´Altiplano ça fait du bien. Notre périple de la journée se terminera par une baignade dans une source d´eau chaude, un petit complexe au milieu de nul part avec des bassins de recueillements pour les eaux chaudes qui sortent des flancs de la montagne. Nous restons une bonne heure à mijoter dans ces eaux avant de rejoindre l´hôtel en bus. Après cette journée on est tous un peu fatigués mais on décide quand même d´aller boire un verre. C´est vrai quoi on n´est pas des vieux et on ne va quand même pas aller se coucher à 21 h. C´est ce que certains font mais un petit groupe se retrouve dans le seul bar un peu animé de la ville à boire des pisco sour. C´est un cocktail péruvien, un alcool de raisin, de jus de citron, de sucre de canne et de blancs d´oeufs montés en neige. Après que chacun ait payé sa tournée nous décidons d´aller tester la piste de « dance » de la discothèque locale. Nous arrivons dans un endroit à la décoration assez étrange. Un des murs est recouvert de boites d´oeufs et un autre d´une peau de bête difficile à identifier. Nous boirons quelques bières en dansant sur les rythmes péruviens à la mode. Etant les derniers clients, nous sentons que la propriétaire et le DJ ont des projets plus intéressants pour le reste de la nuit, comme eux nous partons nous coucher. Le lendemain nous nous retrouvons dans le même restaurant que la veille pour y prendre notre petit-déjeuner. Réveillés et l´estomac plein nous partons pour notre dernier jour de marche, direction la cité perdue. Le village de Santa Maria est situé en hauteur, depuis que l´ancien ait été submergé par les eaux en crue du fleuve il y a quelques années ; nous en voyons les ruines en rejoignant la rivière pour traverser le fleuve. Traversée peu ordinaire, assis dans un caisse suspendue à un filin 8 mètres au-dessus du fleuve démonté en cette saison par les eaux affluant de tous les versants des montagnes avoisinantes. La ballade est moins intéressante parce que nous longeons le fleuve sur un chemin de terre mais les paysages n´en restent pas moins magnifiques. A la mi-journée nous atteignons l´entrée du Parc National du Machu Pichu mais le site lui-même est encore loin. Nous nous arrêtons pour déjeuner et attaquons ensuite la dernière partie qui sera aussi la moins plaisante. Il n´y a pas de chemin et nous avons du longer la voie ferrée ou plutôt marcher entre les rails pendant trois ou quatre heures. Du coup, pas facile de regarder les paysages, nous devont garder l´oeil oú nous posons les pieds pour ne pas se gauffrer sur les cailloux. Pas facile mais en fin de journée nous arrivons enfin à Aguas Calientes, la ville la plus proche du Machu Pichu. C´est là que nous passerons la nuit et que nous partirons demain matin à l´aube pour découvrir enfin le site. Nous passons une dernière soirée ensemble, nous sommes tous un peu crevés mais contents de ces trois jours et nous avons tous hâte de voir à quoi ressemble le site ; Washington (le guide) nous explique le programme du lendemain. Pour commencer, il va falloir monter jusqu´au Machu Pichu, deux solutions, un bus par une route en lacet qui gravit la montagne où à pied par les 1700 marches des escaliers qui coupent chaque virage. Dans tous les cas ce sera à l´aube pour arriver parmi les premiers. Nous ne sommes que quatre à décider de monter à pied, Rafael, Ana Lucia et nous deux. Au moins on pourra dire qu´on aura atteint le Machu Pichu sans aide extérieure ! Le guide lui ne nous accompagnera pas et nous confie à un collègue qui nous fera la visite du site pendant deux heures demain. Les quatre courageux ont rendez-vous à 4h30, c´est qu´il faut un peu de temps pour les gravir ces 1700 marches, pour les autres vu qu´il ne faut que 15 minutes pour monter en bus ils pourront dormir un peu plus. Nous devons tous nous retrouver là-haut avec le guide vers 6h.
Le début de l´ascension se fait à la lampe, petit à petit le jour se lève et nous découvrons le paysage. Rien d´étonnant à ce que l´on appelle les gens de la région « le peuple des nuages ». Les montagnes sont nimbées de brume et cela rend l´atmosphère encore plus mystérieuse. Le Machu Pichu qui est resté caché et ignoré pendant toutes ces années ne se dévoilera qu´au dernier moment. A chaque volée de marche nous nous attendons à le voir mais non, il nous faut encore faire un effort. Au bout d´une heure et demi, enfin les premières maisons qui bordent le site apparaissent. Ca y est, nous y sommes enfin. A cette heure-ci, il n´y a pas encore beaucoup de monde et nous aurons la chance d´être parmi les premiers à entrer. C´est impressionnant, la lumière à cette heure est féerique et avec le site presque vide de touristes on se sentirait presque revenu 500 ans en arrière. Le guide passe deux heures à nous expliquer l´histoire de ce lieu magique. Construite autour de deux pics, le Machu Pichu (Vieux Pic) à 3 140 mètres et le Waynapicchu (Jeune Pic) à 2 700 m, la cité est perchée à 2400 mètres d´altitude et aurait été construite au XVème siècle par l'empereur Pachuatec. Abandonnée un siècle plus tard à l'arrivée des conquistadors espagnols, elle fut redécouverte seulement en 1911 par Hiram Bingham, un historien américain qui y trouve plus de 260 constructions très élaborées et partiellement recouvertes par la jungle. Il y aurait encore beaucoup de choses à raconter, aussi pour ceux que ça intéresse, http://fr.wikipedia.org/wiki/Machu_Picchu vous donnera plus de détails. Après ces deux heures de premier contact avec le site nous avons quartier libre jusqu´à 16 heures pour l´explorer. Nous sommes quelques uns à décider de gravir le Waynapicchu (le site est limité à 400 visiteurs par jour) qui nous permettra d´avoir une vue plongeante sur le Machu Pichu, et encore pas loin de 1000 marches à gravir… Mais ça valait le coup, d´ici la vue est impressionnante et unique. Nous y resterons un long moment à la contempler, d´ici le site ressemble à une maquette. 1000 autres marches pour redescendre et nous pouvons maintenant nous ballader entre et dans les maisons, sur les terrasses qui servaient aux cultures, près des temples et explorer les moindres recoins. Il y a maintenant beaucoup plus de monde et le lieu a un peu perdu de sa magie. Il est maintenant temps de redescendre à Aguas Calientes et nous serons les seuls à le faire par les escaliers. Il pleut à verse et le bus aurait sûrement été la meilleure option mais d´une part son prix est plutôt élevé et nous nous disons que puisque nous sommes montés à pied ce serait idiot de descendre en bus. Encore 1700 marches qui nous font donc 5000 pour la journée, pas mal, même pour des gens comme nous qui ont l´habitude de monter et descendre 7 étages à pied tous les jours, qui ne font que 120 marches ! Nous arrivons trempés mais contents de la journée même si nous ne pouvons nous empêcher de penser que la société qui gère le Machu Pichu pratique du vol organisé et légalisé. Je parle d´une société parce que c´est une entreprise pétrolière qui détient en majorité le site et l´exploite, ce n´est pas l´état qui en est le gestionnaire. Visiter le Machu Pichu coûte cher si on prend l´itinéraire classique. Pour l´aller-retour en train depuis Cusco il faut conter 60 euros, le bus pour monter au site c´est 4 euros (ça parait peu au Pérou c´est le prix pour un dîner pour deux), ensuite il faut débourser 30 euros pour entrer sur le site, et je ne parle même pas du prix de la nourriture ou des boissons sur place (une bouteille d´eau coûte 10 fois le prix normal !), soit au moins 100 euros par personne. De plus l´affluence des touristes toujours plus nombreux pose un gros problème écologique quant à la stabilité du sol, un glissement de terrain met le site en danger. Pourtant un projet est en préparation, qui prévoit la construction d'un énorme complexe touristique de six étages comprenant, entre autres, un terminal pour le téléphérique, des boutiques de souvenirs, des restaurants et un hôtel. On prévoit aussi l'ouverture de boîtes de nuit et d'un casino ! Pour cela la compagnie pétrolière doit racheter les terrains qui sont encore, mais pour combien de temps, la propriété de quelques péruviens qui ne veulent pas vendre et subissent la pression de cette société. De nombreuses manifestations et grèves ont lieu à Cusco contre la privatisation totale du site. Ca y est, notre treck au Machu Pichu se termine et nous rentrons à Cusco après 4 jours à en prendre plein la vue. Le retour est prévu moitié en train et moitié en bus (beaucoup moins cher) mais nous ne verrons pas grand-chose des paysages d´une part parce qu´il commence à faire nuit mais surtour parce que nous nous sommes endormis à peine installés dans le train ! Avant de nous dire au revoir, Rafael et Ana Lucia nous invitent à passer les voir à Ibagué, en plein coeur de la Colombie dans une des régions caféière du pays. La Colombie fait partie de nos destinations et nous acceptons volontiers l´invitation et nous nous donnons rendez-vous dans moins d´un mois.

27 mars 2008

J+153-158 / Coroico et pas cocorico

Arrivée sur La Paz après plusieurs heures de bus sur l´Altiplano Andin. La cité se découvre à nous telle une dame mystérieuse, le soleil perçant doucement son voile de nuages, laissant entrevoir ses charmes urbains dans cette lumière matinale. Nous abordons la capitale bolivienne par le haut nous y descendons petit à petit, perçant la couche nuageuse pour arriver dans ses voiles de pollutions urbaines, de la tranquillité de l´Altiplano, nous arrivons dans la fureur de La Paz. Le temps de descendre du bus, de prendre un taxi et nous sommes sur un autre versant de la ville pour prendre un mini-bus direction Coroico 3000 mètres plus bas. Nous descidons d´aller directement à Coroico et de nous arrêter à la Paz au retour. A notre grand soulagement nous n´aurons pas à passer par la route de la mort, mais par une nouvelle voie ouverte l´année dernière. Plus de 10 ans de travaux, quelques centaines de morts, c´est le prix payé pour éviter que l´hécatombe continue sur ce qui fût pendant longtemps la route la plus dangereuse du monde. Nous passerons par un col enneigé à plus de 5000 mètres où nous voyons nos premiers lamas, avant de redescendre vers Coroico, village paisible à l´entrée des Yungas, où nous espérons trouver du café. Nous arrivons en début d´après-midi en bas de la ville, la chaleur est beaucoup plus élevée et le soleil bien présent. Nous peinons jusqu´au centre du village à la recherche de notre auberge ; après nous être renseignés nous nous dirigeons vers la sortie du village et marchons encore 2 km et trouvons notre charmante petite auberge adossée à la montagne avec une vue unique sur toute la vallée, une piscine et même quelques caféiers disséminé dans le jardin. Rien d´étonnant pour un hôtel qui se nomme "Cafetal" - plantation de café - Plus de doute possible nous sommes sur la bonne voie. Nos affaires posées, nous partons faire une petite reconnaissance au village et nous trouvons sur la place centrale, carrée comme toutes les places centrales de Bolivie, le bureau de la coopérative de café de la région. Immédiatement nous nous y rendons, mais un peu tard, nous devrons repasser le lendemain. Le village n´est pas aussi beau que ce que nous imaginions, essentiellement construit en grosses briques rouges sans charme et sans comparaison possible avec les jolies maisons de briques que nous avions découvert à Madagascar, heureusement sa situation dominant la vallée est sublime. Nous nous délectons de ce paysage dès le matin en prenant notre café face à la montagne, laissant notre esprit se perdre, suivant du regard les nuages léchant tranquillement les pentes abruptes de la montagne. Nous profitons de ces quelques jours pour nous reposer, nous promener en découvrant ici et là des petites fermes aux plantations de café ne faisant pas plus de quelques hectares pour les plus grandes ; mais aussi beaucoup de plantations de coca plantées sur des terrasses conçues par les incas. Le lendemain nous retournons à la coopérative et nous faisons connaissance avec Juan, producteur et chargé de communication pour la coopérative qui participe au commerce équitable depuis 1994 et qui compte 350 cultivateurs. En effet la politique économique de ce commerce parallèle est de garantir un prix fixe toute l´année, plus un bonus d´environ 10%. Cette politique de commerce équitable vise à soutenir les petits producteurs face aux multinationales, à les former et les informer, à favoriser la culture dite organique - traitement chimique réduit au minimum - , mais cela permet aussi de créer, je pense, des cafés de terroir, comme cela existe pour le vin, donc de meilleure qualité. Le café fit son apparition en Bolivie dans les années 50 dans la région de Coroico, puis plus à l´est dans les Yungas où elle prit un essor plus important. Mais la production de la Bolivie reste confidentielle par rapport au Brésil le géant du café. Le brésil a une production annuelle de 30 millions de sacs, tandis que la Bolivie arrive les bonnes années à 80 000 sacs, un sac pèse 60 kilos. Nous apprendrons bien d´autres informations mais qui risquent d´être un peu rébarbatives et un peu longues à écrire. Nous sortons de cet entretien ravis, et pour fêter ça nous allons déguster un petit expresso. Sur le chemin du retour nous rencontrons un menuisier qui fabrique des machines dépulper les baies fraîchement cueillies. Ce type de machine est propre à la Bolivie et ne se trouvent qu´ici et notre homme tient la technique de l´inventeur lui-même : Monsieur Pinel dans le petit village de Suapi dépendant de la commune de Coroico. Notre séjour à Coroico s´achève par le concert de Los Olvidados, un groupe d´une trentaine de musiciens que nous a présenté Lydie, une dame incroyable qui va s´installer prochainement en Bolivie. Ce groupe essentiellement de guitares avec un esprit de fête qui fait plaisir dans ce pays où nous trouvons les gens plutôt froid. Nous finissons cette fiesta dans la salle des fêtes après qu´une pluie diluvienne nous ait obligés à nous y replier...il est 6 heures du matin, la bonne heure pour ramener mon corps titubant auprès de ma brune de corse, rentrée un peu plus tôt. Le lendemain nous quittons notre auberge sympathique et ses propriétaires un peu déjantés - des français installés en Bolivie depuis 25 ans - pour La Paz.

26 février 2008

J+131-135 / Sur la piste du café brésilien

Même quand il est confortable, on ne dort jamais très bien dans un bus, surtout avec la clim à fond, et c´est donc un peu au radar que nous arrivons à Ouro Preto. Il est 6 heures du matin, il pleut et il fait froid. Allez, un petit café pour réchauffer et réveiller tout ça et nous partons à la recherche de notre hôtel. Nous en trouverons un sur les hauteurs de la ville.
Nous avons décidé de venir ici d´abord parce que c´est un bel endroit et aussi parce c´est dans cette région du Minas Gerais que se trouve le café. Le truc c´est qu´on ne sait pas encore exactement où. Etrangement nous n´avons trouvé que peu d´infos sur internet. Concentrons nous d´abord sur cette jolie ville. Bon, d´accord il pleut et ça c´est pas terrible, en même temps on est en saison des pluies alors on va faire avec.
Ouro Preto est une ancienne ville coloniale aux ruelles pavées et escarpées, classée au Patrimoine Mondial de l´Unesco, elle a été le fief des chercheurs d´or à la fin du XVIIème siècle. Elle a aussi été la capitale de l´état jusqu´en 1897, fin 1700 il y avait plus d´habitants à Ouro Preto qu´à Rio. Nous passons deux jours à visiter la ville et sa voisine Mariana, une autre ville minière elle aussi pourvue de jolies églises. Pour la première fois depuis notre départ en septembre nous avons aussi rencontré pas mal d´autres voyageurs dont des finnois qui font un tour d´Amérique du Sud en un an et que nous essayerons de revoir à Rio. Nous quittons donc Ouro Preto pour nous mettre sur la piste du café. Nous avons quelques infos dont un ou deux noms de villes où nous devrions pouvoir en trouver. Les horaires de bus ne nous convenant pas nous décidons de tenter le stop, nous voyageons léger avec seulement nos petits sacs à dos, nous avons laissé toutes nos affaires et nos gros sacs à Rio, en plus ça nous fera faire quelques économies. Evidement, il pleut mais peut- être que les gens ne nous laisserons pas sur le bord de la route tout trempés. Nous n´attendons pas très longtemps avant qu´une voiture nous prenne et quand elle s´arrête quelques mètres plus loin pour faire monter une autre passagère qui attendait sur le bord de la route nous nous disons que ce ne sera peut-être pas gratuit. Effectivement, la femme se fait déposer avant nous et paie sa course. Ce sera une autre fois pour les économies, nous payons pratiquement le même prix que le bus et nous nous faisons déposés à la sortie de la ville où nous tendons à nouveau le pouce pour l´étape suivante. Il commence à se faire tard et d´autres personnes font elles aussi du stop, en fait si il n´y a pas ou pas assez de bus c´est le seul moyen de se déplacer pour ceux qui n´ont pas de véhicule et c´est pour ça que ce n´est pas gratuit. Du coup quand passe un bus pour notre destination nous lui faisons signe. Nous arrivons à Raul Suarez, petite ville visiblement sans grand intérêt si ce n´est pour nous d´être un endroit où nous serons suceptibles de trouver des plantations de café. Il va nous falloir trouver de l´info mais comment faire quand il n´y a pas d´office de tourisme et que l´on ne parle pas portugais ? Nous marchons en ville à la recherche d´indices. Une pub pour un café produit dans le coin, nous notons le numéro, demandons à quelqu´un dans la rue, visiblement ce n´est pas autour de la ville que nous en trouverons mais on ne sait pas nous dire où il y en a précisément. Nous allons dîner et en panne de clopes je me rends à côté pour en acheter. Le vieux bonhomme qui tient la boutique me demande ce que je suis venue chercher dans cette ville, tout surpris qu´il est de voir une touriste. Je lui explique, le café, le tour du monde, tout ça et il me dit que le monsieur juste à côté travaille pour le ministère de l´Agriculture et qu´il va sûrement pouvoir m´aider. Royal ! Et me voilà à essayer de lui expliquer d´où nous venons, pourquoi le tour du monde du café, quels pays nous avons visités et lui demande enfin, le tout dans un mélange d´espagnol et des quelques mots de portugais que j´ai appris, Mais elles sont où les plantations de café ?? Le Minas Gerais est bien l´état qui en produit le plus, on avait bon, ouf. Je sors mon bloc et il me note toutes les villes autour desquelles elles se trouvent en m´indiquant quelles sont les plus importantes. Je remercie grandement ce gentil monsieur qui nous a donné toutes ces infos et vais retrouver Stan qui est toujours au resto en train de m´attendre en regardant sa pizza refroidir et qui commençait à trouver le temps un peu long pour acheter des cigarettes. Mais je reviens avec une piste, demain nous savons où nous allons, Manuaçu, une ville dont l´activité est tournée vers le café, c´est exactement ce qu´il nous faut. Deux bus et nous y voilà. Effectivement, il y a des plantations de café partout, en ville des négociants en café, des entrepôts de stockage... Nous nous installons dans un petit hôtel du centre ville et partons à la découverte de cet univers caféiné. Nous tombons sur une association spécialisée dans le café et allons voir si quelqu´un pourrait nous aider. Personne ne parle anglais ou espagnol et pourtant nous resterons trois bonnes heures avec Eder qui nous expliquera tout ce qu´il sait, nous donnera un dvd montrant tout le processus, une carte du Minas Gerais avec toutes les plantations, des échantillons de café. Nous sortons de là tout contents, prêts à visiter une plantation dès le lendemain. Nous rencontrons aussi un dégustateur de café qui note les différents arômes des cafés qui vont être exportés.
Nous partons en ballade dans les environs de la ville, il nous suffit de nous en éloigner un peu et nous arrivons aux pieds des collines qui en sont recouvertes. Nous ne sommes malheureusement pas en période de récolte mais nous passons la journée à cheminer dans les plantations en passant de colline en colline. Les paysages sont magnifiques, verdoyants et il n´a pas même pas plu aujou
rd´hui. Nous quittons Manuaçu le lendemain, retour à Rio pour le carnaval, contents de notre petit séjour dans le Minas Gerais qui nous a permis de découvrir une des régions les plus verdoyantes du Brésil, de récolter plein d´infos sur le café et de voir que sa culture est ici à une échelle bien différente de ce que nous avons vu en Afrique, le Brésil est le plus gros producteur de café et dans cet état qui en produit la plus grande partie c´est une part importante de l´économie.

26 janvier 2008

J+95-97 / Le Noël malgache (en tongs)

Pendant que nous prenons notre petit déjeuner devant le chalet, le Général et Mariette arrivent précédés de Jean-Baptiste. Ils ont eu notre message et viennent à notre rencontre. Ils doivent se rendre à 45 km de piste pour une visite et nous proposent de revenir nous chercher en fin de journée et de nous emmener à Ambohimisaf, le village où ils ont une petite maison. Ils nous demandent ce que nous avons prévu pour Noël, la réponse étant « absolument rien », ils nous invitent à passer les deux jours chez eux. Nous sommes ravis de passer Noël dans une famille et dans un village, loin des Noëls que nous connaissons. Nous profitons de cette journée pour essayer de rencontrer l'oncle de Dinh – M. Armand - qui possède une plantation de café pas très loin. Encore une fois, c'est Jean-Baptiste qui va nous servir de guide. Il est accompagné du petit-fils de M. Armand et ils vont tous deux nous conduire à la plantation. M. Armand est absent pour quelques jours mais sa fille nous accueillera. Nous empruntons un chemin aux milieu de rizières, magnifique. Jean-Baptiste qui connaît bien la faune et la flore locale nous donne les noms des plantes et des arbres et nous montre nos premiers caméléons. La famille de M. Armand ne parle pas français et c´est Jean-Baptiste qui fera la traduction pour lui expliquer qui nous sommes et pourquoi nous sommes là. Nous voilà en route pour la plantation. Pour l´atteindre il nous faudrait presque une machette ! Les caféiers, que nous avons du mal à repérer au milieu de toute cette végétation sont plantés à flanc de montagne sous des bananiers, jacquier et autres arbres tropicaux. La période de la récolte est passée, le lieu n´est entretenu que deux fois par an et comme nous sommes en saison des pluies la végétation à très vite repris ses droits. Le propriétaire n´étant pas là nous n´aurons pas d´explications sur la façon dont on cultive le café dans cette région de Madagascar. Nous apprenons tout même que la culture du café sur l´île va mal pour plusieurs raisons. D´abord à cause de la chute des cours mondiaux du café dans les années 90 et de la concurrence de plus en plus rude de pays comme le Vietnam, le Brésil, l´Indonésie ou la Côte d´Ivoire. Un autre problème auquel est confrontée la production locale est que le Robusta qui représente la quasi totalité de la production n´intéresse pas les pays occidentaux qui sont parmi les plus gros consommateurs de café au monde. La chute du cours du café couplé à l´inflation sur l´île font que les plantations sont à peine entretenues, que les paysans ne se donnent plus beaucoup de peine pour les entretenir, qu´ils ne renouvellent pas les plants donc il y a moins de rendement et que parfois ils préfèrent ne pas se donner la peine de ramasser les baies... la production ne sert donc plus quasiment que pour la consommation locale et très peu à l´export où le café de cette qualité s´est vendu en 2007 pour environ un dollar le kilo alors que des Arabicas de très bonne qualité peuvent monter jusqu´à 150 dollars. Nous quittons cette famille de fermier avec le secret espoir que les cours du café vont remonter et leur permettre de pouvoir sortir de ce cercle vicieux.
Sur le chemin du retour, nous croisons d´autres fermiers et à la vue de leurs bicoques on se rend vite compte que la situation n´est pas beaucoup plus brillante. Pendant que nous discutons, un témoin de Jéhovah nous aborde pour nous compter la bonne parole de ce Dieu si généreux qui fait tant pour la misère du monde. Il n´y a qu´à voir la prolifération des sectes dans ce petit village d´à peine 5 000 habitants, où la plupart des gens se font exploiter par des commerçants peu scrupuleux et souffrent d´illettrisme et vous comprendrez qu´un des seuls espoirs est de pousser les portes de ces sectes qui vont sans aucun doute les aider à sortir de la misère... Au moins en priant on pense à autre chose et on peut espérer que la vie sera meilleure quand notre âme ira rejoindre le ciel, là-haut le soleil brille...Sur ce je renvois ce saint homme vers des âmes plus à même de comprendre la sainte parole du Fils de Dieu.
A la nuit tombée le Général et son épouse sont de retour et nous partons aussitôt pour le village d´Ambohimsafy. Le village est encore plus petit que le précédent, une cinquantaine de maisons au bord du fleuve, face à une majestueuse montagne qui prête à la méditation quand la nuit s´éclaire d´étoiles. La maison du général se situe en hauteur par rapport au village et donne une bonne vue d´ensemble sur celui-ci. Pas de confort superflu, une cahute avec un trou pour les toilettes, un seau et un pichet d´eau chaude pour la salle de bain, trois pièces plus une petite cuisine au charbon de bois et un groupe électrogène, le seul du village. Nous sommes huit à loger pour les fêtes chez le Général, la femme du Général, sa soeur et son bébé, deux neveux et nous-même. Le Général débouche une THB de bienvenue, le neveu fait une rapide prière et nous pouvons commencer le repas tout en discutant de la politique locale et nationale. Mariette a perdu aux dernières élections de députation il y a quelques semaines de cela.
Le lendemain veille de Noël, nous aidons Mariette à finir de préparer des petites pochettes remplies de sucreries qu´elle distribuera à la sortie de la messe de Noël. Tous les ans elle en confectionne plus de mille ! Mariette et le Général ont beaucoup d´idées pour aider les habitants du village et surtout ils les mettent en place. Je part ensuite avec Roseline, une amie de la famille qui rigole tout le temps, pour décorer le sapin de Noël au temple lutherien du village. Elle ne parle pas français et moi le malgache mais pas besoin de parler pour accrocher des boules et des guirlandes. Des enfants amusés de ma présence sont là et jouent en attendant que le sapin soit prêt. Dans l´après-midi tout le monde se prépare pour la veillée, notamment les fillettes et les femmes qui se font de jolies coiffures nattées. La veillée commencera vers 20h au temple et se terminera vers 1h du matin ! Ce soir tous les enfants du village et de ceux des environs vont présenter les chants et les poèmes qu´ils ont appris ces dernières semaines. Lorsque nous entrons dans le temple, il est plein à craquer, les adultes occupent les bancs et tous les enfants sont assis par terre. Trois chaises nous ont été réservées. Les groupes d´enfants défilent les uns après les autres et tous semblent très fiers de chanter devant leur famille. C´est un peu long mais très agréable de voir toute cette communauté heureuse de partager ce moment.

Le lendemain, ça y est, c´est Noël. Les gens se font tout beaux pour se rendre au temple pour la messe. Encore une fois les chants emplissent le lieu et la joie semble au rendez-vous. A la sortie de l´office, Mariette distribue ses friandises aux enfants qui l´attendent. Tous repartiront avec leur petit sachet, pour certains c´est peut-être le seul cadeau qu´ils recevront. Après un très bon déjeuner et une petite sieste, le Général et Mariette nous ramènent à Tolongoina. Le lendemain nous avons rendez-vous avec Jean-Baptiste pour deux jours d´excursion dans la région. Malheureusement dés notre arrivée au village, il nous apprend qu´il y a eu un décès dans sa famille et qu´il ne pourra pas honorer sa promesse. Bien-sûr nous comprenons et décidons donc de quitter le village le lendemain.

21 décembre 2007

J+78-80 / Le café le plus haut d'Afrique !

De retour à Moshi avec un jour d'avance, nous retrouvons notre petit hôtel luthérien où pour le même prix que nous avions payé deux jours plus tôt on nous propose une suite... c'est pas le grand luxe, mais nous disposons d'un salon, d'une cuisine, douche et toilettes séparés, un réfrigérateur pratique pour garder l'eau au frais par ces grosses chaleurs. Nous y déposons notre baluchon.
Avant de partir nous avions vu qu'ils s'organisaient un Coffee Tour pour découvrir les plantations du Kilimanjaro, il était un peu cher, mais puisque nous n'avons pas tout dépensé lors de notre petit safari pourquoi pas en profiter. Le lendemain matin après quelques démarches nous finissons par rencontrer le responsable, il nous organise la petite excursion pour l'après midi. Rendez-vous est pris vers 15 h avec un guide qui nous attend dans le village d'Uru. Nous avons plus d'une heure de retard, quand nous sommes arrivés au Dala-dala, il était vide et nous avons dû attendre une petite heure qu'il se remplisse, puis qu'il traverse comme il pouvait une piste des plus caillouteuses jusqu'au village, une petite heure de plus. Notre guide nous attend à la sortie du bus et nous emmène jusqu'à la ferme, la pluie commence à tomber, avec le soleil toujours présent, cela donne une atmosphère étrange à cette randonnée à travers les caféiers du Kilimanjaro. Notre guide nous propose une petite halte pour prendre un café à la coopérative et la pluie cessant nous repartons à travers des petits sentiers qui nous emmènent jusqu'à une petite bicoque qui appartient à l'un des fermiers de la coopérative. Celle-ci vend sa production dans le cadre du commerce équitable, tous les fermiers qui sont adhérants touchent un peu plus d'argent ce qui leur permet de vivre un peu mieux et notamment d'envoyer leurs enfants à l'école au lieu de les garder aux champs. Josephat, notre guide nous installe deux petits tabourets dans la cour et commence son explication sur le cycle de production du café d'Uru.
D'abord planter la petite graine face plate contre terre, dans des petits pots à la terre enrichie. Quand la jeune pousse atteint le stade de 7 paires de feuilles, environ 7 mois, c'est le moment pour qu'elle soit repiquée en terre dans un trou de 30 cm d'arête en mélangeant la terre extraite du trou additionnée à de l'humus. Les plants de café sont espacés de 8 pieds les uns des autres. Pendant un an ils plants ont encore besoin de soins particuliers et surtout d'eau et deux ans plus tard les fermiers peuvent commencer à récolter les baies et cela pour les dix années à venir, après cette date la production et la qualité du plant vont décroissants. Il faut savoir qu'un caféier peut vitre une cinquantaine d'années ; parfois quand un plant n'est plus utilisé pour ses baies il peut l'être pour son bois de bonne qualité pour la marqueterie. La récolte des baies dans cette région à lieu presque toute l'année ; la floraison a lieu entre novembre et décembre. On peut parfois trouver sur une même branche, des fleurs, des jeunes baies qui mettront quelques mois à mûrir et les baies prêtent à la récolte, ce qui implique une récolte manuelle. Une fois les baies récoltées les fermiers les passent immédiatement dans une machine pour en extraire les grains qui tremperont trois jours, ce sont les cafés « washed » ; puis ils seront posés sur des tamis à quelques centimètres du sol et à l'abri du soleil - contrairement à l'Éthiopie - ce qui en améliore la qualité. La période de séchage dure une quinzaine de jour. C'est à ce moment de la production que le café est acheminé vers des places de vente aux enchères. Les fermiers en gardent une partie pour leur consommation personnelle. Josephat nous emmène derrière la ferme où un petit feu nous attend, une petite marmite en terre y est disposée, il pose les grains, puis remue doucement pendant une quinzaine de minutes. Petit à petit les grains commencent à prendre une couleur « robe de moine », une agréable odeur de café commence à se dégager. Ensuite il transfert les grains fraîchement torréfiés dans un pillon ; le grain se fait poudre et enfin il passe l'eau chaude dans une passoire pour remplir trois bonnes tasses de café que nous dégustons ensemble. Le meilleur café que nous ayons bu. Nous n'avons participé à aucune cérémonie du café en Éthiopie, mais cette visite en possède presque toutes les qualités! Heureux nous reprenons le chemin de la coopérative, où un homme nous attend pour nous redescendre à Moshi, mais avant cela Josephat nous invite à boire une bonne bière « Kilimanjaro » au pied du sommet du même nom, parfait. De retour en ville nous allons nous régaler d'une bonne pizza tanzanienne.
Le lendemain, nous sommes en place dès 9h30 devant l'office de booking « Dar Express » à 9h45 le car pour Dar-es-Salam entre en scène, le plus beau bus que nous ayons vu depuis longtemps, nos bagages sont mis en soute et nous prenons place sur nos sièges numérotés. À 10 heures le car se met en route pour la capitale tanzanienne. Comme prévu nous arrivons à 18 heures ; autant de ponctualité dans une même journée, décidément nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec l'Afrique. Sans trop de difficultés nous trouvons un hôtel, malheureusement sans climatisation ; c'est beaucoup trop cher pour notre budget. Nous passons cette soirée dans la moiteur en attendant de prendre le bateau le lendemain pour Zanzibar...